Workshop « École d’art météorologique ».

ENSAD, Nancy, 2021.

Le premier jour est consacré à l’arpentage de l’école, la découverte du bâtiment et des alentours avec les étudiant.e.s. Ils commencent à détourner des objets et à écrire des fictions autour. Des fictions qui mettent en avant les couleurs, les textures, les surfaces du monde…

Le second jour, les étudiant.e.s choisissent de travailler par groupes. Des artistes, des géo-ingénieur.e.s, des météorologues. Ils commencent à converser, écrire et dessiner les besoins et les usages d’une école qui verrait le jour à Nancy en 2030.

Le troisième jour, nous cherchons des dispositifs performatifs de présentation de cette école. Nous testons, nous optons pour une conférence-performance.

Le quatrième jour, les étudiant.e.s occupent le hall de l’école d’art pendant plusieurs heures, à débattre, présenter les enjeux d’une école météorologique, distribuer des tracts…

Maison de la poésie de Rennes

En mars 2021, je suis invitée à rencontrer des collégien.ne.s et des lycéen.ne.s de Rennes à Brest qui ont travaillé à partir de deux de mes livres, Alvéoles Ouest et Kalces.

Je leur présente mon travail, je lis des extraits, je leur propose des séances de lecture à haute voix et iels me présentent leurs productions. Grâce à Jean-Michel Lebaut, leur professeur de français, iels ont travaillé sur des rencontres entre mots et images. Merci à elles et eux.

Les poètes n’hibernent pas

En 2020, je suis invitée en résidence par la maison de la poésie de Normandie.

Je participe à différentes rencontres auprès d’élèves de collège axée sur la place de l’oralité dans l’écriture. Je propose différents exercices basés sur le souffle, la diction, la marche, l’espace pour les conduire vers la recherche de leurs voix. J’échange avec eux autour de l’arpentage d’un territoire.

Tout au long de cette résidence, je déambule dans la ville de Val de Reuil et j’écris une dérive poétique.

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Extraits

1975.

Val de Reuil,
ils s’installent dans ville encore en chantier
peintures encore fraîches dans couloirs des immeubles
cloisons montées à l’envers
boue à la première pluie
absence d’éclairage public

Tu te cherches dans la nuit,
à Val de Reuil.

1984.

Tu visionnes un film,
propagande pour ville nouvelle,
pour installation à Val de Reuil. 
sur un pont rouge,
deux femmes marchent,
leurs fichus à carreaux dans les cheveux,
la voix off : 
« l’espaj est un foyer résidence pour personnes âgées,
récemment ouvert,
qui contribue déjà à équilibrer la réalité de la ville nouvelle
sur le plan social, mais aussi par son architecture,
imposante et sereine ».

Tu visionnes une fin de vie tranquille
tu erres
tu coches les petites annonces
tu décoches les mots fléchés
tu peluches la peau de l’horizon
tu traverses le monde assoupi
tu passes dans un linceul

Bifurcations

2017. Marie Nimier me propose d’intervenir dans le festival littéraire et artistique Bifurcations imaginé par Yves Arcaix. Elle a carte blanche pour imaginer la programmation. Je lui propose de suivre les trois journées de festival, d’être à la fois témoin et enquêtrice pour retranscrire cette aventure sous la forme d’un texte poétique que je performe au final. Je suis accompagnée pour cette performance par l’artiste Patrick Pleutin.

2018. Je réitère cette intervention lors d’une carte blanche confiée à Charles Robinson. Pour la performance finale, je me place d’abord en régie où je livre le texte pendant que les spectateurs sont face à un plateau vide, avant de monter sur scène.

2019. Éric Arlix me propose d’être artiste associée. Nous co-écrivons Invites sismiques, texte et performance de 40 minutes.

« En compagnie d’un béluga ou d’un champignon, nous observons des invites sismiques. Des histoires aux frontières perméables, des secousses peu perçues, des adresses en suspension, dans les bouleversements et la westernisation du monde. »

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Liens

http://festival-bifurcations.fr/
http://www.ericarlix.net

The Thing

Workshop Prépa-Art. École de communication visuelle, Nantes. 2016/2018.

Cet atelier fonctionne à l’interface entre art et anthropologie. À partir d’un exercice proposé  par Tim Ingold, dans Faire, Anthropologie, archéologie, art et architecture, les étudiant.e.s sont invité.e.s à investir une relation avec une « chose » (végétal, animal, matière…), iels cherchent des moyens de se mettre en interaction avec elle et de retranscrire ces mises en relations par des dispositifs plastiques (sous forme d’installations, performances, maquettes, etc.). Il s’agit de les amener à  trouver leur processus écologique à la fois dans le faire et dans leur rapport à  l’environnement afin de faire émerger des fictions possibles avec des choses.

Fichtre

Mars 2018. Le collectif de designers Fichtre investit la galerie des Franciscains à Saint-Nazaire. Fichtre propose « Des Dalles », une installation composée de sièges d’un amphithéâtre de l’université de Saint-Nazaire réutilisés.

La directrice de l’école des Beaux-arts de Saint-Nazaire, Carole Rivalin, me propose d’intervenir dans cette exposition. J’écris un texte poétique, je mène un atelier sur la voix, le corps et la performance avec deux étudiantes des beaux-arts. Nous performons toutes les trois, en jouant avec les dalles et l’espace.

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Extraits

« tu marches dans un auditorium écrasé
tu traverses les motifs

[Tamil Nadu
labyrinthes dessinés 
au seuil des portes
kolams réalisés par les femmes
avec chaux ou riz]

tu penses au sol 

[principale surface de soutien
pour humains et non-humains]

tu penses
aux croisements avec des singularités

tu aimerais 
t’assoir dans les dalles
t’encocher avec d’autres »

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Liens

http://www.fichtre.org/

Météorite Cartels

À l’invitation de Christine Laquet, plasticienne. Dans le cadre de son exposition Apparition Disparaissante,
Site Saint-Sauveur, Rocheservière, 2017.

J’écris un texte sous forme de partitions textuelles, qui devient à la fois une création plastique et une performance. Le texte oscille entre documentaire et fiction, il tente d’appréhender la météorite de Rocheservière depuis des réflexions historiques, anthropologiques, artistiques…

Il sera ensuite publié dans la revue l’Observatoire de l’Espace du Cnes.

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Extraits

1.bis

vendredi 5 du mois de novembre 1841,
une chute a lieu près de F. Douillard,
homme de petite taille, plein de santé et très alerte,
il est au travail, une heure après le coucher du soleil,
il entend un sifflement effrayant, 
venant de l’ouest,
suivi d’une formidable explosion,
une chute se produit à 100/150 mètres de lui,
F. Douillard ne remarque pas de trainée lumineuse,

2.

mardi 17 du mois d’octobre 2017,
B. Latour est invité dans La tête au carré
pour son ouvrage « où atterrir ? » (comment s’orienter en politique) 
– ce serait une sorte de brûlot d’écologie politique –
le sol est en question, le sol est la question, 
principale surface de soutien pour les animaux terrestres,
– pour humains et non-humains –
nous vivons à la surface, n’accédons jamais au centre de la terre,

4bis.

novembre 2017,
C. Laquet, 
infuse la météorite,
dans son atelier,
se livre à des expériences de météorisation,
l’air encore porte odeurs, couleurs, 
altérations chimiques, atmosphériques, climatiques,
opérations de phénomènes de destruction et de synthèse,
elle rizo-printe
elle feutre
elle frotte pierre au visage
elle brioche
elle fluorise
elle balance
elle sent la calcinée
et l’olivine
elle prise la météorite,

Grégory V.

Autour du travail de Grégory Valton. Galerie Confluence, Nantes, Juin 2016.

J’effectue des séances de conversation avec Grégory Valton au sujet de son travail artistique : des lignes s’esquissent, des bifurcations et des nœuds apparaissent, des temps de pause ou de silence ponctuent la parole.
Je compose un texte : il oscille entre le croquis cartographique et le journal poétique, il livre et masque des indices, il joue de références réelles ou fictives à propos du processus de l’artiste.
Je mets en scène cette enquête dans le lieu d’exposition des œuvres de Grégory Valton.

Colloques / Séminaires

Je développe des pistes de recherches et des intérêts de réflexion autour de la météorologie, du paysage, de l’ écologie politique (savoir-faire et organisation collective, relations humains et non-humains), de la voix et du corps, et ce depuis la rédaction d’une thèse au croisement entre littérature et arts plastiques. Je suis attentive aux écrits et réflexions de Tim Ingold, Donna Haraway, Silvia Federici, Starhawk, Philippe Descola, Rachel Carson, Ursula K. Le Guin, Carolyn Merchant, Edouard Kohn… qui innervent mes textes et interventions.

2022

Intervention artistique, Fordlandia, Cahiers de littérature orale.

2021

David Antin, poet-spider, dans Les mots de la pratique, tome 2, sous la direction de Christophe Viart.

Sur la transversalité dans l’oeuvre de Marie Nimier, sous la direction de David Gascoigne, Oxford University Press.

2020

Séminaire Recherche et pratique en art,  à l’invitation d’Anne Creissels, Centre des études des arts contemporains, Université de Lille. Présentation de l’objet-thèse et de la soutenance  à un public de doctorant.e.s.

2019.

Retrouver une écologie, l’avant et l’après-soutenance,suite à la Journée d’études « Fabrique de thèses #3 : À l’entour de la recherche », organisé par l’Atelier des doctorants en danse, Centre National de La danse, Lyon (2017).  

Fernand Deligny et David Antin, les représentations cartographiques performatives, suite au séminaire de recherche « Les fabriques cartographiques contemporaines : de la modélisation aux pratiques empiriques ? », sous la direction scientifique de Laurence Corbel et Nicolas Thély. Université Rennes 2 (2014). À paraître aux Presses Universitaires de Provence, collection « Théorie et Pratique des Arts », sous la direction de Sylvie Coëllier.

Entretien avec Eric Vigner, suite à la journée d’études « Enseignements de la conférence dans l’art », sous les directions de Diane Watteau et Sandrine Morsillo, Musée de la Chasse (2017). À paraître.

Enquête, suite à la journée d’études « Enseignements de la conférence dans l’art », sous les directions de Diane Watteau et Sandrine Morsillo, Musée de la Chasse (2017). À paraître.

2018

Morfondé, en co-création avec Maude Mandart, dans Catalogue Co-création, sous les directions de Marie Preston et Céline Poulin, Empire Books et CAC Brétigny (ed.), édition bilingue.

Circuler dans l’œuvre d’Anne-Marie Albiach, revue littéraire Nu(e), sous la direction de Régis Lefort.

Kalces, Colloque international Poesias performativas / Performative poetry, Centre d’études comparatives en littérature, Faculté  de Lettres, Lisbonne.

2017

Bernard Heidsieck, un poète dans un espace « public-laboratoire », Éditeur Les Lettres Romanes, tome 71, n°3/4, Actes du colloque international, « Poetry and public space  », Université catholique de Louvain-la-Neuve, Belgique (2015).

Enquête, Journée d’études  Enseignements de la conférence dans l’art , sous les directions de Diane Watteau et Sandrine Morsillo, Musée de la Chasse, Paris.

Morfondé, en co-création avec Maude Mandart, dans catalogue à l’Ouest Toute !, programme de rechercher EESAB, sous les directions de Fabienne Dumont et Sylvie Ungauer, Les presses du réel.

Enquêtes, Séminaire Le langage autorisé , sous la direction scientifique de Christophe Viart, dans programme de recherche Dits et écrits d’artistes, Université  Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

2016

The Mapping Journey Project : la cartographie à l’état dynamique,
Revue Textimage.

Iode, vers une approche écologique des bruits,
L’Autre musique revue, Lam4, Mars 2016.

2015

Song-Line, une cartographie sonore et poétique de la ville,
Carte blanche, revue Poezibao, Octobre 2015.

Dans la bibliothèque d’Anne-Marie Albiach,
Carte blanche, revue Poezibao, Avril 2015.

Bernard Heidsieck, un poète dans un espace « public-laboratoire »,
Colloque international, « Poetry and public space  »,
Université catholique de Louvain-la-Neuve, Belgique, 27 et 28 avril 2015.

Pratique de la narration dans les vidéos de Bouchra Khalili,
Journée d’étude « Art, design et narration : l’intermédialité dans les dispositifs narratifs »,
Université Toulouse 2, 9 avril 2015.

2014

Fernand Deligny et David Antin, les représentations cartographiques comme modes de vie,
Séminaire de recherche « Les fabriques cartographiques contemporaines : de la modélisation aux pratiques empiriques ? », sous la direction scientifique
 de Laurence Corbel et de Nicolas Thély. Université Rennes 2. 25 Novembre 2014.

Bernard Heidsieck : le poète comme nœud,
Journée d’étude « Dits et écrits d’artiste », organisée par l’Équipe Arts, pratiques et poétiques,
Université Rennes 2, 3 avril 2014.

Céleste Boursier-Mougenot ou le plaisir anachronique,
Revue Interfaces numériques, Volume 3, n° 1/2014, Paris, Lavoisier, p. 51-62.

La nuit des Reconfigurants

A l’invitation de Patrick Bernier, Olive Martin et la structure d’accueil Entre-Deux basée à Nantes, 2016.

Cette soirée fait partie d’un processus d’accueil des étudiants au sein de l’École de Communication Visuelle (ECV) de Nantes, imaginé par les artistes Patrick Bernier et Olive Martin dans le cadre de l’action Nouveaux commanditaires de la Fondation de France. Ce projet qui apparaît comme une alternative au bizutage et qui interroge les formes d’écosystèmes et d’accueil, est né sous l’impulsion d’un groupe d’élèves et de professeurs souhaitant modifier et redonner une identité à l’école par l’arrivée des nouveaux élèves, alors renommés les Reconfigurants par les artistes, avec trois temps forts.

Je suis chargée d’animer la soirée, en proposant d’abord une lecture-performance à partir d’un texte poétique que j’ai écrit (qui relate le projet). Je suis accompagnée du musicien Simon Nicolas. Puis je ponctue la soirée de différentes interventions.